De l’EFL à l’EFT : une nouvelle manière de penser l’équicoaching

 

En équicoaching, le processus vécu avec le cheval prime sur la solution formulée en fin de séance. Une conviction désormais au cœur de l’approche d’Eva Reifler, fondatrice de l’IFIE.

L’IFIE fait évoluer sa vision de l’équicoaching

Même après des années de pratique, de transmission, de recherche, une prise de conscience peut surgir à n’importe quel moment d’un parcours. Certains contextes viennent préciser ou déplacer subtilement le regard porté sur notre domaine d’expertise.

C’est ce qui s’est produit pour Eva Reifler il y a quelques semaines, lors d’un séminaire à Corfou. « Quelque chose s’est clarifié en moi à ce moment-là », raconte la fondatrice de l’IFIE. Une nouvelle manière de voir les choses qui ne constitue pas une rupture mais plutôt un ajustement intérieur. Il s’agit d’une forme de réalignement. Cela ne remet pas en cause ce qui précède mais en affine la compréhension.

« J’ai réalisé que, depuis la création de l’IFIE, je mettais trop souvent l’accent sur la solution — comme point d’arrivée visible, rassurant, mesurable — alors que ce n’est finalement pas le plus important dans l’équicoaching… »

 

Déplacer le regard au-delà de la solution

Dans nos sociétés, fortement structurées par la performance, l’efficacité et la recherche de résultats rapides, la solution tend naturellement à occuper une place centrale. Elle devient un repère, parfois même un objectif implicite, qui peut orienter notre manière de penser.

Selon Eva Reifler, en équicoaching, ce n’est pas la solution qui transforme durablement, c’est ce moment de bascule qui la précède et rend le changement possible.


Cette idée introduit un renversement essentiel : dans le cadre du coaching assisté par le cheval, la transformation ne dépend pas d’abord d’un résultat obtenu… Elle émane d’un nouveau niveau de conscience atteint, d’une compréhension nouvelle du système en jeu.

 

Ce n’est pas la solution qui transforme durablement, c’est ce moment de bascule qui la précède et rend le changement possible.


L’expérience avant l’analyse

Sur le terrain, les équicoachs IFIE observent d’ailleurs souvent que les clients ne se souviendront pas nécessairement de la conclusion ou de la solution formulée en fin de séance. Ce qu’ils retiendront principalement, c’est un moment vécu avec le cheval qui aura déclenché un déclic, une révélation.

Pourquoi ce moment reste-t-il plus marquant ? Parce qu’il a été vécu pleinement, ressenti dans le corps, dans l’instant. Là où la solution, elle, suppose souvent un retour au mental, à l’analyse, à la mise en mots.

 

Le pouvoir révélateur du cheval

Les chevaux ne proposent ni solution ni direction, ils rendent perceptible ce qui est déjà là mais demeurait jusqu’ici invisible : incohérences internes, tensions relationnelles, ajustements… Leur présence agit comme un révélateur puissant des comportements ou systèmes inconscients.

Les constellations systémiques, l’une des spécialités d’Eva Reifler, s’inscrivent dans une logique similaire. Elles ne visent pas à produire une réponse, mais à mettre en lumière la dynamique d’un système afin qu’un nouveau regard puisse émerger et, parfois, qu’un ajustement se fasse de lui-même. « Les constellations créent l’espace pour que quelque chose se déplace à l’intérieur du système. »


Quand une lettre redéfinit une posture

C’est dans cette logique que s’inscrit l’évolution terminologique engagée aujourd’hui au sein de l’IFIE : le passage de l’EFL — Equine Facilitated Learning (Apprentissage facilité par le cheval) — à l’EFT — Equine Facilitated Transformation (Transformation facilitée par le cheval).

« Ce glissement d’une lettre traduit bien plus qu’un changement de vocabulaire. Il marque un déplacement de posture : de l’apprentissage vers la transformation, du résultat vers le processus, de la solution vers la conscience », conclut Eva Reifler. 

Article I.C